Il faisait noir… Noir comme dans un four, ou presque. Seuls quelques meubles se devinaient, de-ci, de-là, grâce aux maigres rayons de soleil qui arrivaient à se frayer un chemin entre les stores fermés. L’obscurité, il aimait ça, lui… Une fois la porte close, il éteignait ses soucis en même temps que la lumière.
Il n’avait pas besoin d’y voir pour s’affaler dans le fauteuil, prendre l’une des nombreuses cigarettes à demi consumées qui gisaient au sol et l’allumer. La brève lueur de la flamme du briquet était la seule qu’il appréciait vraiment. Elle précédait de peu les délicieuses bouffées de nicotine qui envahissaient ses poumons.
Il ne mangeait pas, ne buvait pas, ne voyait rien. Rien d’autre que les vagues contours de la télévision qu’il n’allumait plus, des étagères couvertes de livres qu’il ne lisait plus… Au début, il y en avait bien quelques uns qui s’étaient inquiétés, qui avaient essayé de téléphoner. Les sonneries avaient longtemps résonné dans l’appartement avant qu’ils ne se lassent. Et puis, il était tombé dans l’oubli. Il n’avait aucun regret ; c’était ce qu’il recherchait.
Il tira une longue bouffée de la cigarette et s’enfonça un peu plus profondément dans le fauteuil. Il observa quelques instants les braises de la Gitane qu’il fumait puis, sans réfléchir, il la projeta au loin, observant la lueur rougeâtre de la braise éclairer brièvement les objets qu’elle frôlait. Elle atterrit sur le sol, dans un bruit mat, sans doute amorti par les nombreux journaux qui jonchaient le sol… La lueur ne s’éteint pas, bien au contraire.
L’embrasement peu à peu s’intensifia. Lui ne réagit pas. Il restait là, envoûté, le regard figé sur les flammes et n’osant faire le moindre mouvement de peur que ça ne s’arrête. Tout à coup, le feu se propagea plus rapidement, ayant pris les poils du tapis d’assaut, il se mit à courir tout le long pour atteindre à une toute vitesse le rideau de la fenêtre. Cela se répandait si vite, c’était incroyable ! Et lui ne bougeait toujours pas, hypnotisé qu’il était par cette douce lumière si chaude qui devant ses yeux ébahis.
Une petite étincelle venait de tomber sur la nappe jaunie de la table et la fit s’embraser en moins d’une seconde. Au dessus de lui déjà, une autre flamme entreprit minutieusement le léchage d’une des poutres du plafond et ne tarderait pas à en grignoter une seconde.
Ce que ça devait être bon de se laisser aller, de rester là à regarder jusqu’à la fin ces lueurs aux couleurs infinies. Terminer seul cette vie de calvaire, enfin réchauffé… Seul ?
Soudain, ce fut comme s’il se réveillait. Le feux commençait à l’encercler et ne tarderait pas à lui bloquer la sortie. Il se leva et se dirigea à pas comptés vers la porte. Déjà s’entendaient les sirènes des pompiers, mais il serait dehors avant leur arrivée. Quand la porte claqua, une vieille photo encadrée tomba sur le sol, et le verre se brisa.
Une fois à l’extérieur, il se retourna et regarda sa maison se consumer lentement.
A nouveau, son regard se figea sur l'enchantement que lui procurait cette vision.
Il se rendit compte que depuis sa sortie de la maison, sa main dans sa poche triturait une pièce de monnaie aussi froide que de la glace dans la chaleur que suscitaient la maison en feu.
Il la sortit et la fixa quelques instants. Puis, sans réfléchir, il se dirigea vers la cabine téléphonique qui se trouvait au coin de la rue. Il décrocha le combiné, inséra la pièce, composa le numéro et attendit… Bip… Bip… Bip… Bip…
- Allo ?!
- Ma chérie ?! C’est papa…
Il n’avait pas besoin d’y voir pour s’affaler dans le fauteuil, prendre l’une des nombreuses cigarettes à demi consumées qui gisaient au sol et l’allumer. La brève lueur de la flamme du briquet était la seule qu’il appréciait vraiment. Elle précédait de peu les délicieuses bouffées de nicotine qui envahissaient ses poumons.
Il ne mangeait pas, ne buvait pas, ne voyait rien. Rien d’autre que les vagues contours de la télévision qu’il n’allumait plus, des étagères couvertes de livres qu’il ne lisait plus… Au début, il y en avait bien quelques uns qui s’étaient inquiétés, qui avaient essayé de téléphoner. Les sonneries avaient longtemps résonné dans l’appartement avant qu’ils ne se lassent. Et puis, il était tombé dans l’oubli. Il n’avait aucun regret ; c’était ce qu’il recherchait.
Il tira une longue bouffée de la cigarette et s’enfonça un peu plus profondément dans le fauteuil. Il observa quelques instants les braises de la Gitane qu’il fumait puis, sans réfléchir, il la projeta au loin, observant la lueur rougeâtre de la braise éclairer brièvement les objets qu’elle frôlait. Elle atterrit sur le sol, dans un bruit mat, sans doute amorti par les nombreux journaux qui jonchaient le sol… La lueur ne s’éteint pas, bien au contraire.
L’embrasement peu à peu s’intensifia. Lui ne réagit pas. Il restait là, envoûté, le regard figé sur les flammes et n’osant faire le moindre mouvement de peur que ça ne s’arrête. Tout à coup, le feu se propagea plus rapidement, ayant pris les poils du tapis d’assaut, il se mit à courir tout le long pour atteindre à une toute vitesse le rideau de la fenêtre. Cela se répandait si vite, c’était incroyable ! Et lui ne bougeait toujours pas, hypnotisé qu’il était par cette douce lumière si chaude qui devant ses yeux ébahis.
Une petite étincelle venait de tomber sur la nappe jaunie de la table et la fit s’embraser en moins d’une seconde. Au dessus de lui déjà, une autre flamme entreprit minutieusement le léchage d’une des poutres du plafond et ne tarderait pas à en grignoter une seconde.
Ce que ça devait être bon de se laisser aller, de rester là à regarder jusqu’à la fin ces lueurs aux couleurs infinies. Terminer seul cette vie de calvaire, enfin réchauffé… Seul ?
Soudain, ce fut comme s’il se réveillait. Le feux commençait à l’encercler et ne tarderait pas à lui bloquer la sortie. Il se leva et se dirigea à pas comptés vers la porte. Déjà s’entendaient les sirènes des pompiers, mais il serait dehors avant leur arrivée. Quand la porte claqua, une vieille photo encadrée tomba sur le sol, et le verre se brisa.
Une fois à l’extérieur, il se retourna et regarda sa maison se consumer lentement.
A nouveau, son regard se figea sur l'enchantement que lui procurait cette vision.
Il se rendit compte que depuis sa sortie de la maison, sa main dans sa poche triturait une pièce de monnaie aussi froide que de la glace dans la chaleur que suscitaient la maison en feu.
Il la sortit et la fixa quelques instants. Puis, sans réfléchir, il se dirigea vers la cabine téléphonique qui se trouvait au coin de la rue. Il décrocha le combiné, inséra la pièce, composa le numéro et attendit… Bip… Bip… Bip… Bip…
- Allo ?!
- Ma chérie ?! C’est papa…
Bulle Grenadine pour l'étincelle
Chani pour l'incendie
Chani pour l'incendie
1 commentaire:
Euh.. Gl.oups..
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